Mai 192014
 

La XXIIe mission, de septembre 2013, a permis d’initier la première étape du processus de développement de la Voûte Nubienne au sein du village.

Cette architecture bioclimatique en terre crue, développée par une ONG du même nom, est sans doute la meilleure alternative économique, et écologique aux habituelles constructions en béton et tôles.

Cette première étape vise à remplacer l’actuel bâtiment du moulin à mil communautaire, trop petit, et dans lequel il fait une chaleur étouffante, par un bâtiment plus grand en voûte nubienne.

Ce chantier a plusieurs objectifs :

> former les villageois qui le souhaitent à cette technique ;

> permettre aux villageois de comprendre réellement l’intérêt de cette architecture (isolation thermique, solidité, grosse économie en matériaux) ;

> préparer le projet plus ambitieux de construction de l’atelier de fabrication de farine infantile BAMISA selon cette technique ;

> A terme, si les villageois sont convaincus par l’intérêt de cette architecture, il serait envisageable de faire du village une « zone pilote » destinée à promouvoir la voûte nubienne dans la région de Dapélogo, faire émerger un marché potentiel et donc développer une activité économique de maçonnerie pour les villageois qui auront été formés.

 

Le chantier de ce premier bâtiment a été lancé en mars 2014, et le gros oeuvre (murs et voûte) a été achevé 15 jours plus tard.

Salif, notre délégué local, nous a envoyé les photos du chantier :

Salif s’occupe actuellement de faire fabriquer sur mesure les portes et fenêtres nécessaires au bâtiment.

Et le maçon reviendra plus tard pour achever les finitions, notamment en réalisant un crépi extérieur imperméabilisant à partir d’un mélange de terre et goudron.

Enfin, Salif va s’occuper de faire venir un mécanicien pour installer convenablement le moulin à mil à l’intérieur du bâtiment, et installer convenablement les évacuations des gaz d’échappement et du système de refroidissement du moteur.

L’ancien bâtiment du moulin à mil, situé juste à côté, pourra être utilisé pour stocker les céréales en attente de mouture. En effet, nous avons appris lors de la dernière mission que le moulin est régulièrement utilisé par des villageois venant parfois de plusieurs dizaines de kilomètres du village, et qui restent plusieurs jours au village en attendant de faire moudre leur grain.

Apparemment, d’après Salif, les villageois sont d’ores et déjà très satisfaits du résultat.

Nous pouvons donc sereinement entamer la deuxième phase du projet, à savoir initier, en 2015, la construction de la première partie du bâtiment de l’atelier BAMISA, un bâtiment en voûte nubienne de 56 m² en trois pièces, avec (difficulté supplémentaire), une dalle en béton (plus facile à lessiver qu’un sol en terre battue), et des paillasses en béton carrelées.

Mai 192014
 

Cette mission, qui s’est déroulée du 11 au 25 septembre 2013, avait un objectif quelque peu différent des missions précédentes : en effet, le projet majeur de 2013, le financement d’une formation à l’agro-écologie pour les maraîchers des villages de Kinsi et Goden, avait d’ores et déjà été mis en place et financé.

La mission avait donc pour objectif de préparer les projets futurs, notamment en rencontrant des partenaires et en collectant un maximum de devis.

 Rencontrer des partenaires

L’association « La Voûte Nubienne« 

Premier partenaire pour notre projet de construction, il était essentiel de rencontrer les responsables de cette ONG afin de préciser avec eux notre projet et vérifier qu’il était faisable. Enfin, il nous fallait rencontrer, par le biais, un maçon agréé et lui demander un devis pour chacun de nos projets de construction.

rencontre voute nubienne

Ce déplacement au siège de l’association a été l’occasion de visiter plusieurs bâtiments construits en voûte nubienne. Pour rappel, il s’agit d’une architecture bioclimatique en terre crue, parfaitement adaptée au climat africain, et dont les principaux avantages sont l’aspect économique et l’aspect écologique. L’ONG qui porte ce projet d’architecture en terre s’efforce de contrebalancer l’attrait du béton et de la tôle, qui sont des produits importés chers et inadaptés, au profit de son architecture.

La visite de plusieurs bâtiments construits selon cette technique nous a permis de vérifier l’un des intérêts majeurs que nous cherchions : la fraîcheur. Nous avons constaté une différence d’au moins 10 à 15°C entre l’intérieur et l’extérieur ! Par ailleurs, notre guide nous a fait découvrir un autre côté très intéressant de cette architecture : sa modularité. Tout est quasiment envisageable : construire pièce par pièce, ajouter un étage, choisir sa finition extérieure et intérieure (aménagement, peinture, …).

Le centre écologique Albert Schweitzer (C.E.A.S.)

Nous avons voulu dresser le bilan de la formation des maraîchers (projet financé quelques mois auparavant) avec l’agronome qui les encadre, M. Philippe Yanogo.

  • Il apparaît que l’agronome est très satisfait de l’investissement des villageois (ce qui n’arrive pas souvent selon lui !).
  • L’agronome a tenu à souligner le rôle important de Salif, notre contact, qui était présent chaque jour pour véhiculer le formateur et motiver les villageois.
  • Philippe Yanogo propose de laisser les villageois appliquer ce qu’ils ont appris cette année dans un premier temps, sachant que les bénéficiaires de la formation sont sensés faire profiter les autres de ce qu’ils ont appris, et que les villageois peuvent le solliciter si besoin.
  • Puis, dans un second temps, il propose de suivre les demandes des villageois, à savoir proposer une formation en aviculture (élevage de poulet), car c’est une source de revenus fiable et pérenne.

Autres partenaires potentiels rencontrés :

  • Nicolas Charbonneau : ce jeune français s’investit dans un projet de fabrication de « foyers améliorés » destinés à réduire la consommation de bois pour la cuisine. Ces foyers pourraient être utiles dans le cadre de notre projet (pour les maquis bébé). Il peut également nous conseiller et nous aider à concevoir le système photovoltaïque qui équipera le bâtiment BAMISA (éclairage, et alimentation d’un « soude-sac » électrique). Il nous a d’ailleurs préparé un devis approximatif.
  • Aline Mercan: Médecin généraliste croisée à notre logement, elle était en mission pour une ONG, chargée d’évaluer les systèmes de santé dans les dispensaires de Ouagadougou. Elle a évoqué la possibilité de nous fournir du matériel orthopédique pour le dispensaire, de nous mettre en relation avec d’autres partenaires (Pompiers Sans Frontières, …) et pourquoi pas de nous accompagner un jour au dispensaire.

 

Réunir des devis

Construction en voûte nubienne

Le maçon qui nous a été présenté (debout à droite sur la photo) a pu nous soumettre plusieurs devis, pour le gros oeuvre (murs et voûte). Ces devis ne tiennent pas compte des finitions (plusieurs finitions sont possibles : simple crépi en terre, crépi en terre goudronnée, parement pierres jointoyées au ciment, …) ni des portes et fenêtres, qu’il faudra acheter et faire installer en plus.

maçon et villageois

  • Tout d’abord, pour un petit bâtiment (6m x 3,5m) destiné à abriter le moulin à mil communautaire : il faut compter environ 800€. Ce sera sans doute le prochain projet de l’association, en 2014.
  • Puis, surtout, pour la construction de l’atelier de fabrication BAMISA, soit deux bâtiments de 16m x3,5m : Il faut compter environ 2800€.

Ces devis nous ont très agréablement surpris, dans la mesure où ils sont vraiment bien moins élevés que les devis équivalents pour des bâtiments en béton et tôles (jusqu’à 10 à 20 fois moins chers !).

 

Autres devis collectés :

  • Système photovoltaïque

Il est prévu de financer l’éclairage du bâtiment Bamisa, mais aussi et surtout l’alimentation électrique d’un « soude-sac » thermique pour l’ensachage de la farine en sachets labellisés. Un tel équipement coûterait environ 500€

  • Moulin à mil

L’achat d’un nouveau moulin à mil entièrement dédié à la fabrication de farine Bamisa est nécessaire ; cela nécessiterait un investissement de 1760€

  • Forage

Il serait également nécessaire de réparer le forage du village, travaux qui s’élèveraient à environ 850€. Mais cela ne tient pas compte d’un changement de système de pompe (demandé par les villageois lors de la mission).

  • Décortiqueuse à grains, château d’eau, foyer amélioré, … nous avons collecté un maximum de devis.

 

Equiper l’école en fournitures scolaires

Comme chaque année, un minimum de fournitures scolaires a été financé pour permettre aux enfants, comme aux enseignants, de commencer leur rentrée dans de bonnes conditions.

DSCF1463  Cahiers, stylos, ardoises et craies, mais aussi dictionnaire, ballons, sifflets et Djembé, nous avons essayé de répondre au mieux aux demandes.

En retour, les enfants nous ont fait de magnifiques dessins.

 

 

Répondre aux besoins exprimés ou urgents

Remplacer le système de refroidissement du moteur du moulin à mil.

Lors de notre visite au village, Daniel, le président du comité de gestion, nous a signalé que le système de refroidissement du moulin à mil avait une fuite. Dans la mesure où nous avions changé ce moteur il y a tout juste deux ans, Il était important de procéder à la réparation, voire au changement de ce système de refroidissement, qui consiste en un circuit d’eau au sein de plusieurs barriques métalliques, afin d’éviter d’abîmer le moteur.

système de refroidissement du moteur du moulin à mil

système de refroidissement du moteur du moulin à mil

Achat de fournitures pour l’atelier BAMISA

la table de séchage

la table de séchage

Les femmes nous ont demandé une nouvelle table de séchage pour le grain, ainsi qu’un stock de petit mil.

Nous leur avons par ailleurs apporté de France des masques, des charlottes et des gants de latex afin de les aider à travailler en respectant au mieux l’hygiène nécessaire à la production de farine BAMISA. Et nous leur avons fourni, avec l’aide du Docteur Laurent, un stock de 200 sachets labellisés « BAMISA ». En retour, les femmes ont signé la charte BAMISA, qui les engage à respecter la recette de la farine, et l’usage de malt dans la production de bouillie, ainsi qu’à diffuser cette méthode lors des animations d’éducation nutritionnelle.

Nous avons également acheté deux petites lampes solaires, ainsi qu’un tabouret pour la jeune couturière. Et nous avions également apporté à cette dernière, depuis la France, un ensemble de petit matériel de couture : ciseaux fins, « découd-vite », craies pour patrons, épingles, …